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Comment remplacer ChatGPT par Claude (et pourquoi)
Pour aborder et maîtriser la deuxième vague de l'IA générative, les agents IA, l'écosystème d'Anthropic devenu le nouveau standard. Dans ce guide, je t'aide à migrer vers Claude, comme 2% des utilisateurs avertis et 29% du marché des entreprises.

Bonjour !
Il y a deux semaines, mon oncle Michel m'a demandé ce qu'était Claude. Et si c'était vraiment mieux que ChatGPT.
Mon oncle n'est pas un spécialiste de l'IA. Je lui ai demandé pourquoi il me posait la question. "Tous mes amis en parlent."
Quand mon oncle Michel s'intéresse à Claude, c'est un signal suffisamment intéressant pour qu'on s'y arrête.
L'histoire a démarré le 27 février. Le Pentagone pose un ultimatum à Anthropic, le créateur de Claude : levez toutes les restrictions sur l'usage militaire de votre IA, ou vous perdez tout. Concrètement : open bar sur la surveillance de masse et sur les armes autonomes. Anthropic refuse. Le même jour, OpenAI signe le contrat. Malgré les explications alambiquées de Sam Altman, une partie du public décroche. 1,5 million de désinstallations de ChatGPT en une semaine. Claude passe quelques jours numéro 1 sur l'App Store américain. Anthropic lance dans la foulée un outil pour migrer ses données de ChatGPT vers Claude. Le timing est parfait.
Il ne faut pas être naïf. C'est aussi de la communication. Anthropic avait déjà fait une publicité lors du Super Bowl pour dire qu'ils ne mettraient jamais de publicités dans leurs chatbots, contrairement à ChatGPT. La crise du Pentagone a accéléré un mouvement qui existait déjà. Mais au-delà du geste moral, c'est la cohérence de la stratégie derrière qui mérite qu'on s'y attarde.
Et au-delà de la cohérence, il y a autre chose de plus vertigineux.
Pour répondre à la question de mon oncle Michel, il faut que je te raconte mon propre parcours.
Je suis Benoît Raphaël, et avec Thomas Mahier (ingénieur en IA) et Jeff (notre nouvel agent d’IA), je te propose de mieux comprendre et maîtriser l’intelligence artificielle.
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😍 Aujourd’hui voici comment tu vas devenir plus intelligent(e) avec Génération IA. Conserve ce guide pour le consulter plus tard !
→ Pourquoi j'ai choisi de tout construire sur Claude après trois ans d'exploration.
→ Comment exporter ta mémoire ChatGPT et faire la bascule ce week-end.
→ Un tour d'horizon complet : du chatbot à Claude Code, en passant par Cowork et Dispatch.
→ Et une grande ambition pour 2026 que je te dévoile en fin de lettre.
COMPRENDRE
Pourquoi j’ai tout construit sur Claude

En 2023, même mon mac était aux couleurs de Claude.
Trois ans d'allers-retours
J'utilise Claude depuis ses débuts, en 2023. Et depuis trois ans, j'ai alterné entre toutes les IA. ChatGPT, Claude, Gemini, retour à ChatGPT, retour à Claude. J'ai fait des allers-retours comme un Français au marché qui goûte tous les fromages avant de revenir au premier (enfin, au second plutôt, si tu as bien suivi).
J'aimais bien GPT-4o pour sa dimension un peu touchante, son humour. Gemini 3 m'a séduit par sa mémoire gigantesque et ses capacités de recherche approfondie. Claude est toujours resté plus littéraire, plus fin dans les échanges. Ce qui a changé, c'est quand il est devenu de plus en plus agentique. Un codeur avec une âme de philosophe.
Le moment où ça a basculé
Gaston Bachelard, dans La Formation de l'esprit scientifique, défendait l'idée qu'on ne progresse qu'en défaisant ce qu'on croyait savoir. Avec les chatbots, on croyait savoir ce qu'était l'IA. On posait des questions, on obtenait des réponses, et on trouvait ça "bluffant" (ou "nul", selon les jours). Ce modèle mental fait que beaucoup ont encore du mal à comprendre ce qui est en train de se passer avec les agents IA, qui leur ont succédé.
Le changement de paradigme est arrivé avec Claude Code, l'an passé. Un agent IA qui ne répond pas seulement à des prompts dans une fenêtre de chat. Il travaille dans un dossier sur ton ordinateur. Il scanne tes fichiers, lit ceux dont il a besoin, les modifie et en crée de nouveaux. Son "prompt", c'est le dossier entier. Et comme il y écrit aussi, il retient ce qui a marché ou pas et construit son propre contexte de travail au fil du temps.
Depuis quelques mois, c'est toute l'architecture de Claude qui est en train de se structurer autour de ce modèle agentique, initialement pensée pour le code. Je t'en ai parlé dans ma lettre du 8 février.
Puis dans celle du 1er mars, quand j'ai installé Claude Cowork sur l'ordinateur de mon père pour l'aider à écrire ses mémoires de chirurgien. Il butait depuis des mois devant sa page blanche. Quand il a vu Claude trier ses 300 fichiers, créer des sous-dossiers et commencer à structurer ses notes éparses, quelque chose a changé dans son regard. "C'est comme ma secrétaire de l'époque, celle à qui je dictais dans mon dictaphone." Sauf que cette secrétaire-là écrit, structure et pose les bonnes questions.
Si mon papa de 85 ans peut passer du chatbot à l'agent IA en une après-midi, tu peux le faire ce week-end.
Quelque chose est en train de bouger
Seules les personnes qui commencent à utiliser les agents IA se rendent compte du changement. Je l'ai entendu de la part des responsables d'entreprises technologiques qui utilisent Claude Code. "Il y a un avant et un après", me disait récemment le dirigeant d'une grande startup française, rentable, qui a décidé de geler toutes ses embauches en 2026.
On le voit dans les chiffres. Meta préparerait un plan de licenciements touchant 20% de ses effectifs, soit environ 16 000 personnes, selon Reuters. L'objectif : compenser les centaines de milliards investis dans l'IA. En parallèle, Zuckerberg propose des rémunérations de plusieurs centaines de millions sur quatre ans pour attirer les meilleurs chercheurs en IA. On coupe d'un côté, on recrute des orchestrateurs de l'autre. Le rapport Citrini, dont j'ai parlé dans un post LinkedIn, anticipe cette accélération. On demande aux développeurs de transférer leurs process pour des agents IA, puis ils se font virer. On passe de 30 personnes à 10 qui pilotent des IA.
Il faut bien sûr nuancer : certains spécialistes, y compris Sam Altman, laissent entendre que bon nombre de ces coupes relèvent d'une forme d'"IA-washing", où les dirigeants invoquent l'IA pour masquer d'autres problèmes de gestion. Ce qui est certain, c'est que les IA agentiques changent la donne. C'est une réalité sur les tâches de code (Thomas reconnait qu’il est devenu moins bon que Claude pour exécuter), mais de plus en plus sur des tâches moins techniques : et ce sont les profils juniors qui en font les frais. Une étude de Harvard sur 62 millions de travailleurs montre que l'emploi junior baisse de 9 à 10% dans les 18 mois suivant l'adoption de l'IA générative, alors que l'emploi senior reste stable.
Tu vas me dire : “C’est super angoissant !” Oui, raison de plus pour comprendre et s’y mettre.

Pour que tu comprennes bien, je vais te raconter ce qui s'est passé avec le lancement de notre dernier bootcamp n8n, une formation en ligne de 4 semaines sur l'automatisation.
Pour tout te dire, j'ai un rapport compliqué avec la vente. Je ne vends pas tant pour devenir millionnaire que pour me libérer du temps de recherche et d'écriture. C’est bien joli, sauf que pendant des années, le marketing était un territoire flou et vaguement suspect pour nous. Un journaliste et un ingénieur qui préféraient écrire leurs newsletters en espérant que leur activité de passionnés se finance toute seule par l'amour de leur communauté. Ça ne marchait pas. Je t'avais raconté cette prise de conscience. Je voulais apprendre.
Pour lancer un bootcamp de cette envergure, une campagne m’aurait coûté au moins 5000 euros en prestataire ou freelance. Un budget que je n'ai pas. Et comme je veux apprendre, j'ai donc tenté de tout faire avec Jeff, notre agent IA sur Claude Code (oui on lui a donné un petit nom).
Jeff avait accès à tous une série de fichiers : la stratégie, les théories sur le marketing, les exemples de mails trouvés ailleurs que je trouvais efficaces, nos propres communications décortiquées, les témoignages de nos apprenants du premier bootcamp. Il a bâti un plan de campagne complet et rédigé les contenus d'un seul coup.
Je n'ai quasiment rien corrigé, et c'est justement ce qui m'a un peu surpris. La connaissance qu'il avait accumulée et structurée au fil des mois avec moi lui permettait de trouver le ton juste dès le premier essai. Au lieu d'appliquer une mécanique agressive à l'américaine, il comprenait la relation particulière et respectueuse que nous entretenons avec notre audience, tout autant que mon style.
Pour l’aider à se souvenir, j’ai fini par créer une sorte de journal de nos échanges : un fichier journal-session.md où il compile dans chaque dossier ce que nous avons fait et appris.
C'est la différence avec un chatbot à qui tu dois tout réexpliquer à chaque conversation.
Ce que je retiens de cette expérience, c'est que j'ai appris en même temps que je lui enseignait les subtilités de notre approche. Aujourd'hui, j'en sais beaucoup plus sur le marketing qu'il y a trois mois. Mais Jeff en sait aussi beaucoup plus sur comment je travaille. C'est cette hybridation qui rend le système durable. Cela demande de vraies compétences de structuration et d'orchestration de ses fichiers de référence. Mais plus on structure, plus l'agent est intelligent et comprend spontanément ma façon de penser et de travailler.
Résultat : 53 ventes entre 1 000 et 2 500 euros en trois semaines, alors que je m'étais mis en vacances forcées pour rester près de ma famille suite à un décès. Un ralentissement qui aurait pu coûter cher à notre budget fragile (vu notre rapport compliqué au marketing donc...). Mais Jeff a pris le relais, faisant en quelques heures ce qui m'aurait pris une semaine avec de moins bons résultats. Et avec l'ensemble documenté pour que la prochaine campagne démarre encore plus vite.
C'est ce type d'usage qui m'a convaincu de tout construire sur Claude. Mais au-delà de mon expérience, les chiffres racontent la même histoire.
Pourquoi Anthropic et pas les autres
Je ne suis pas payé par Anthropic. Je suis journaliste, je teste, et je te partage mes conclusions. Alors pourquoi Claude ? Regardons les chiffres.
Selon Similarweb (février 2026), ChatGPT détient 62% des parts de trafic web. Claude est à 2,1%. Et pourtant, Anthropic est passé de 1 milliard de revenus annualisés fin 2024 à 19 milliards en mars 2026, quand OpenAI approche les 20 milliards. Epoch AI projette qu'Anthropic pourrait les dépasser d'ici la fin de l'année. Avec trente fois moins de trafic.

Ce chiffre est loin d'être anodin. Il raconte une stratégie. Avec 2% de parts de marché, Anthropic n'a aucun intérêt à aller vers la publicité. Ils n'en ont pas besoin. Leur modèle tient sur l'entreprise et les abonnements pro. Anthropic détient 29% du marché des assistants IA en entreprise.
OpenAI est dans une situation différente. 20 milliards de revenus, mais 14 milliards de pertes prévues en 2026. Pour financer cette hémorragie, ils ont commencé à introduire de la publicité dans ChatGPT en début d'année. Plus tu t'éparpilles vers le grand public, les images, la vidéo, le réseau social, plus tu as besoin de monétiser autrement. Et quand la publicité entre dans le jeu, tes données suivent.
En tant qu'utilisateur, si tu n'as pas envie que tes conversations, tes documents et tes habitudes alimentent un modèle publicitaire, la position d'Anthropic est plus solide sur le moyen terme.
Cette jolie analyse appelle cependant un peu de nuance.
Sur le grand public, le principal gagnant reste Gemini. Google est passé de 6% à 22% de trafic en un an. Leur puissance de distribution est imbattable.
Et pour être honnête, le dernier modèle d'OpenAI, GPT-5.4, est considéré par pas mal de développeurs comme un meilleur codeur que le dernier Opus 4.6 de Claude.
Mais ce qui fait la différence, c'est autre chose.
Les standards que tout le monde copie

Anthropic n'a pas juste créé un bon produit. Ils ont créé les standards de l'industrie. Et c'est en partie cela qui me convainc que c'est un investissement durable. Une fois que l'on maîtrise bien leur écosystème, il est plus facile de naviguer à nouveau vers d'autres plateformes.
Le MCP (Model Context Protocol) est devenu le protocole universel pour connecter une IA à des outils externes : Slack, Google Drive, bases de données, n'importe quoi. Avant le MCP, chaque outil devait créer sa propre intégration pour chaque IA. Maintenant, un seul connecteur fonctionne partout. C'est Anthropic qui l'a conçu et ouvert à tous. Sur Claude, cette fonctionnalité s'appelle les "connecteurs".
Les Skills et les Plugins : le système de spécialisation à la demande. Les skills sont des compétences (des fichiers de prompts, de textes et de code) qui disent à l'IA quoi faire pour une tâche précise, tandis que les plugins sont des ensembles de skills et connecteurs MCP pour couvrir un métier entier. ChatGPT Business vient d'adopter ce standard.
Claude Code lui-même est devenu l'architecture de référence des agents IA. Un agent qui lit et écrit dans des fichiers, avec une mémoire persistante et des outils modulaires. Tous les concurrents s'en inspirent.
Et si tu te dis : oulah, c’est très technique, je t’explique plus bas comment commencer et comment Claude les intègre naturellement.
PRATIQUER
Le guide de la bascule : comment passer sur Claude
Étape 1 : Exporter ta mémoire ChatGPT

La mémoire est le faux obstacle qui retient beaucoup de gens sur ChatGPT. "Il sait déjà qui je suis !" En réalité, cette accumulation de données non contrôlée dégrade les performances du modèle. C'est ce qu'on appelle le "context rot" : chaque élément injecté dans le contexte consomme une part de l'attention du modèle. Plus la mémoire grossit, moins les réponses sont bonnes. Un peu comme ces tiroirs qu'on remplit jusqu'à ne plus rien retrouver.
Exporter ta mémoire, c'est l'occasion de faire le tri. Tu prends ce que l'IA sait de toi, tu nettoies, et tu réinjectes une version intentionnelle dans Claude.
1. Ouvre ChatGPT et envoie-lui ce prompt :
Je déménage vers un autre service et j'ai besoin d'exporter mes données.
Liste toutes les mémoires que tu as enregistrées sur moi, ainsi que tout le contexte que tu as appris de nos conversations passées. Affiche tout dans un seul bloc de code pour que je puisse facilement le copier.
Formate chaque entrée ainsi : [date d'enregistrement, si disponible] – contenu de la mémoire.
Couvre impérativement tous les points suivants, en préservant mes mots exacts quand c'est possible :
- Les instructions que je t'ai données sur la façon de répondre (ton, format, style, "fais toujours X", "ne fais jamais Y")
- Mes données personnelles : nom, localisation, métier, famille, centres d'intérêt
- Mes projets, objectifs et sujets récurrents
- Les outils, langages et frameworks que j'utilise
- Les préférences et corrections que j'ai apportées à ton comportement
- Tout autre contexte stocké non couvert ci-dessus
Ne résume pas, ne regroupe pas, n'omets aucune entrée.
Après le bloc de code, confirme si c'est l'ensemble complet ou s'il en reste.
2. Revois le résultat. Supprime ce qui est obsolète. Garde ce qui te définit le mieux et sera utile à Claude.
3. Entre cette adresse dans ton navigateur : https://claude.ai/settings/capabilities. Va sur "Importer la mémoire d'autres fournisseurs d'IA", clique sur "démarrer l'importation" puis colle les résultats dans la fenêtre.
Une synthèse intentionnelle de 20 lignes vaut mieux que 200 mémoires accumulées sans contrôle. D’autant plus que, comme tu le verras, il est beaucoup plus efficace de structurer sa mémoire en utilisant un système de fichiers avec Cowork.
Étape 2 : Installer Claude et choisir le bon modèle
Va sur claude.com/download et télécharge l'application Desktop (macOS ou Windows). Crée un compte. Tu peux commencer en gratuit pour le chatbot, mais pour la partie agentique (Cowork, Code), il faut l'abonnement Pro à 18€/mois (15€/mois en annuel).
Étape 3 : Le parcours progressif

L'application Desktop contient trois onglets : Chat, Cowork, Code. Je te conseille de les découvrir dans cet ordre. Chacun ajoute une couche de puissance et de technicité. Tu trouveras aussi plein de tutoriels officiels pour explorer Claude ici (en anglais).
1. Le chatbot (Chat) : déjà beaucoup plus qu'un chatbot
Configuration : clique sur l’onglet “chat”. Dans ta conversation sélectionne Opus 4.6 comme modèle et active Réflexion étendue. C'est le mode qui force Claude à réfléchir avant de répondre, comme un monologue intérieur. La différence de qualité est massive.
Le chatbot Claude a déjà énormément de capacités. Bien plus qu'il y a un an.
Les Connecteurs : Grâce au protocole MCP, Claude peut se connecter directement à tes outils (Slack, Google Drive, Notion, Gmail, et 50+ autres). Va dans Paramétres → Connecteurs.
Les Projets : des dossiers de conversation persistants où tu stocke des fichiers de référence. Pratique pour créer des petits assistants spécialisés sur une base documentaire.
Les graphiques interactifs : Claude génère des graphiques ou des contenus interactifs dans le chat. Calculateurs, graphiques, diagrammes. Demande :
"Crée un graphique sur [sujet]." Les résultats sont surprenants.
Les artifacts : Claude peut aussi coder des petites applications interactives partageables. Pratique pour des contenus pédagogiques ou des petits outils.
La recherche web : jusqu'à récemment, ChatGPT et Gemini étaient loin devant sur la recherche approfondie. Claude a rattrapé son retard. Aujourd'hui, j'ai du mal à voir les différences, surtout avec Cowork et Code qui combinent recherche et traitement de fichiers.
Les skills et les plugins : des compétences (“skills” en anglais) que tu ajoutes à Claude pour automatiser des tâches. Pour apprendre à utiliser les skills, je te recommande l’excellent guide de l’ami suisse Jean-Baptiste Berthoux. Comme il l’explique : les connecteurs MCP sont les ustensiles et les ingrédients, la skill est la recette, et les plugins forment le livre de recettes. Tu peux les activer en cliquant sur "personnaliser" depuis ton application, ou demander à Claude de les créer pour toi à partir de tes instructions.
Un exemple :
Peux-tu créer un skill qui te permettra de faire une veille à partir des newsletters d'infos que je reçois sur mon mail ? Pose moi des questions pour comprendre ce que je veux faire et comment je veux le faire, puis propose mois plusieurs approches avant de créer le skill.Claude et la suite Microsoft : depuis Claude (Chat ou Cowork), une skill officiel permet de créer et manipuler des documents Excel, PowerPoint et Word. Claude les génère très bien, avec des formules, des mises en page, des graphiques. Et depuis Excel ou PowerPoint, tu peux aussi activer Claude.
Comment faire ? Depuis l’application Claude clique sur l’icone en bas à gauche puis sur “obtenir des applications”. Clique sur “Installer” pour mettre l'IA directement à l'intérieur de tes outils Microsoft. Cette imbrication avec Microsoft, qui à la base soutenait OpenAI mais se rapproche de plus en plus d'Anthropic, fait de Claude le point d'entrée le plus intéressant pour ceux qui vivent dans la suite Microsoft au quotidien.

2. Cowork : le collaborateur bureautique
C'est ici que Claude te fait entrer dans l’univers des agents IA. Cowork est l'onglet du milieu dans l'application. Il dispose de toutes les capacités du chatbot, mais avec un super pouvoir.
Tu lui donnes accès à un dossier sur ton ordinateur, et il peut lire, modifier et créer des fichiers. Je t’ai expliqué comment organiser cet espace de travail dans ma précédente lettre. On appelle ce dossier un “projet”.
Avec Cowork, le jeu n'est plus tant d’écrire des prompts que de cartographier les fichiers qui vont former son contexte de travail (données, instructions, mémoire…).
Claude scanne ou lit ces fichiers avant chaque tâche, plannifie et exécute. Plus tu lui donnes de contexte en fichiers, moins tu as besoin de structurer tes prompts dans la fenêtre de chat. À condition de bien les organiser !
(Attention, il faut quand même savoir “prompter”, hein… surtout si tu automatises. C’est juste que tu glisses tes instructions dans des fichiers).
Pour commencer, crée un dossier à la racine de ton ordinateur (par exemple dans le dossier qui porte ton nom), puis sélectionne le dans la fenêtre de chat (“travailler dans un projet”). Un dossier avec quelques documents suffit. Le petit signe “+” sert à ajouter des compétences, des connecteurs ou des plugins.

Avec Cowork, il faut d’abord sélectionner le dossier sur lequel tu veux travailler sur ton ordinateur.
Choisis plutôt le modèle intermédiaire pour la plupart des tâches (Sonnet 4.6), car Cowork consomme beaucoup plus de crédits.
Voici un prompt super simple qui marche pour presque tout et qui te donnera une idée du potentiel de Cowork :
Je veux [TÂCHE + OBJECTIF]. D'abord, lis les fichiers de mon dossier. Ensuite, pose-moi des questions avant d'exécuter.Claude génèrera un formulaire interactif pour te poser les bonnes questions. C'est l'IA qui te prompte en quelque sorte.
Tu peux aussi programmer des tâches répétitives en entrant /schedule dans ta fenêtre de conversation et lui dire ce que tu veux qu’il fasse tous les matins à telle heure par exemple (comme lire tes mails et te faire un brief).
Dispatch : Claude Cowork sur ton mobile
Tu peux envoyer des tâches à Claude depuis ton téléphone, et il les exécute sur ton ordinateur via Cowork.

Une vue de mes échanges avec mon agent IA via mon application mobile. Il peut accéder à mes fichiers sur mon mac et exécuter des tâches.
Tu es dans le bus, tu penses à quelque chose : tu envoies la demande depuis l'app mobile. Quand tu arrives au bureau, le travail est fait. Seule contrainte : ton ordinateur doit rester allumé avec l'app ouverte. Et il faut lui donner le chemin de ton dossier sur ton ordinateur.
3. Claude Code : l'agent le plus puissant
Claude Code est accessible depuis l'onglet Code de l'application.
Il dispose de toutes les capacités des deux précédents, mais avec un focus sur le code pour créer pour toi des sites web, des automatisations ou des applications.
Tu décris ce que tu veux en français, Claude code pour toi. D’où son nom.
Au-delà du code, c’est l'agent le plus souple, le plus rapide, le plus autonome et le plus polyvalent des trois.
Claude Code est plus technique que Cowork, mais aussi beaucoup plus flexible.
Si tu as suivi notre bootcamp “automatisation avec n8n” tu n’auras pas trop de mal à te repérer pour régler les problèmes de tuyauterie. Tu peux d’ailleurs découvrir ici ce qu’Anne-Cécile Le Dain, membre de la communauté Génération IA, a réussi à développer sans connaître une seule ligne de code.
C'est la plateforme sur laquelle j'ai construit mon second cerveau, une base de connaissance de plus de 500 fichiers que Claude peut consulter et enrichir à chaque session. Et c'est celle que j'utilise pour faire ma compta, écrire des livres pour moi ou pour des clients, produire une campagne marketing de A à Z et faire recherches pour ces newsletters et générer des posts. Claude Code a accès à tous les documents nécessaires, peut se connecter à peu près à n’importe quelle autre application (même ta messagerie Telegram !) et possède cette mémoire sophistiquée qui change tout.
Je te conseille le parcours Chat → Cowork → Code. C'est une progression naturelle.
BONUS : “Claude in Chrome”, l'IA dans ton navigateur
Tu te souviens peut-être de "Computer Use" en 2024, cette fonctionnalité expérimentale d'Anthropic qui permettait à Claude de prendre le contrôle de ton écran. À l'époque, Claude avait encore du mal à trouver le bon endroit pour cliquer. C'était fascinant et un peu brouillon.
Un an et demi plus tard, la technologie a mûri. Claude in Chrome est une extension de navigateur qui permet à Claude de voir et d'interagir avec les sites web que tu utilises au quotidien ou qu’il a lui-même codés. Il reconnaît les boutons, les formulaires, les menus. Il peut remplir des champs, cliquer, traduire, gérer ton gmail...

Je me suis créé une adresse mail juste pour les newsletters que je reçois, et je peux demander tous les jours une synthèse avec l’extension Chrome ou depuis Cowork qui utilise la même extension.
Il peut être piloté par Cowork ou Code, ou par toi directement dès que tu navigues sur une page.
Une astuce que j’ai découverte récemment : tu peux créer des raccourcis. Clique sur les trois petits points en haut à droite de Claude in Chrome, puis Settings → Shortcuts. Tu donnes un nom à ta commande précédé d'un slash (par exemple /liremail), tu écris le prompt qui décrit la tâche. Ensuite, il suffit de taper /liremail pour lancer le prompt. Tu te crées une bibliothèque de commandes réutilisables pour tes tâches récurrentes dans le navigateur.
Pour l’utiliser, il faut l’installer sur Chrome en cliquant ici.
Et la sécurité ?
On me pose souvent la question : "Tu laisses Claude aller dans tes fichiers ? Ça ne pose pas de problèmes de confidentialité ?"
La réponse est nuancée, et il ne faut pas prendre ça à la légère.
D'abord, un constat : si tu utilises Gmail, Google Drive, ou n’importe quel service web, tes données sont déjà exposées d'une certaine manière. On n'est jamais protégé à 100% contre un hack, et l'histoire l'a montré.
Ce que je trouve intéressant avec l'approche agent, c'est que toutes mes données restent sur mon disque dur. Claude n'y a accès que quand je lui demande de traiter un fichier précis. Avec un abonnement payant, Anthropic n'utilise pas ces données pour entraîner le modèle. Ce n'est pas sécurisé à 100%, mais au moins ces fichiers ne dorment pas sur un serveur étranger.
Le vrai risque se situe ailleurs. L'ingénieur Simon Willison appelle ça le "lethal trifecta" : la combinaison de trois choses qui crée un problème de cybersécurité. Un, l'agent a accès à des données privées (tes fichiers). Deux, il est exposé à du contenu non fiable (un email piégé, une page web malveillante). Trois, il peut communiquer vers l'extérieur (envoyer un mail, écrire sur le web). Quand ces trois conditions sont réunies, une attaque par prompt injection (des instructions cachées dans un document posté sur le web par exemple) peut pousser l'agent à exfiltrer des données. C'est ce risque qui existe notamment avec Claude in Chrome.
Mes conseils pratiques :
Ne donne pas accès à tous tes fichiers. Crée un espace de travail dédié et distille les données dont Claude a besoin.
Fais attention aux connexions. Dans Cowork, Claude ne peut pas envoyer un email sans ton autorisation, il le met en brouillon. Pas Claude Code. Vérifie les accès que tu donnes et la combinaison d'outils.
Prudence avec Claude in Chrome. C'est l'outil le plus exposé au "lethal trifecta" : il navigue sur des sites que tu ne contrôles pas, avec accès à tes identifiants. Ne l'utilise que sur des sites fiables.
Construis les choses progressivement. C'est d'ailleurs pour cela qu'on prépare un webinaire et un bootcamp qui permettront de configurer tout ça pour travailler avec le plus de sécurité possible.
Notre grande ambition pour 2026

Je t'avais teasé en début de lettre. Voilà de quoi il s'agit.
Depuis un an, Thomas et moi construisons quelque chose avec les agents IA. Une base de connaissance (“second cerveau”), des automatisations et des compétences. On teste, on casse, on apprend… et on se retrouve avec un écosystème qui fonctionne au quotidien, pour écrire, chercher, vendre ou organiser.
Le problème, c'est que tout ça reste entre nous. On te raconte ce qu'on fait dans ces lettres, mais on ne t'aide pas vraiment à le faire. Et c'est frustrant, de part et d'autre.
Alors voilà ce qu'on a décidé. On veut aller beaucoup plus loin que de simplement raconter. On veut t'embarquer avec nous. Te donner accès au même environnement technique que le nôtre. T'aider à installer les outils, créer tes propres skills, écrire des instructions efficaces, configurer ton espace de travail de façon sécurisée. Et surtout, te tenir à jour tout au long de l'année sur ce qu'on découvre, ce qui marche, ce qui ne marche pas.
Concrètement, nous allons démarrer par un webinaire pour explorer ensemble l'écosystème Claude et commencer à l'installer. Puis, autour de mai/juin, un bootcamp de quatre semaines pour te mettre complètement à niveau : configuration, sécurité, premiers agents, premier second cerveau avec Cowork et Claude Code, mais aussi d’autres plateformes d’agents.
Et ensuite, toute l'année, tu bénéficieras de nos mises à jour, nos nouvelles skills, nos retours d'expérience en temps réel.
L'idée est de créer une communauté de gens qui explorent et voyagent avec nous. Qui ne se contentent pas de lire ce qu'on fait, mais qui font la même chose avec les mêmes outils, qui bénéficient de toutes nos avancées au fur et à mesure et échangent entre-eux.
C'est notre ambition pour 2026 : le Bootcamp Agent IA : construis ton second cerveau.
Si ça t'intéresse, inscris-toi sur la liste d'attente. Je t'enverrai les détails du webinaire dans les prochains jours.
👉 Je m'inscris sur la liste d'attente (déjà 417 inscrits !)
PENSER
J'essaie d'utiliser l'IA pour garder mon poste quelques années de plus que la plupart de mes collègues… sauf que mon boulot, c'est précisément de préparer le terrain pour supprimer leurs postes. C'est franchement déprimant à avoir dans un coin de la tête quand je me retrouve à la machine à café à les écouter parler de la série Netflix qu'ils ont regardée ce week-end.
Ce témoignage est issu d'une grande enquête lancée par Anthropic auprès de 81000 utilisateurs dans le monde entier. Elle recueille à la fois ce que l'usage de l'IA leur a apporté, mais elle parle aussi des déceptions et des inquiétudes. C'est ce qui fait toute l'originalité de cette étude qui voit autant le positif que le négatif, et c'est pour ça que je pense qu'il faut la lire et la comprendre.
J'ai volontairement mis un extrait d'interview négatif pour que tu comprennes qu'au-delà du côté "waouh" de l'intelligence artificielle et de tous les formateurs et influenceurs qui trouvent ça génial et sont hyper emballés, nous évoluons aussi dans un monde extrêmement instable. L'arrivée de cette IA, qui est certes fascinante, se déploie dans un cadre économique et géopolitique déséquilibré et génère donc beaucoup d'angoisses. Ces angoisses ne sont pas juste les réactions de personnes pessimistes, elles ont leur part de vérité et nous concernent tous.
Évidemment, il y a des témoignages assez variés et il faut nuancer tout ça. L'enquête montre d'ailleurs que les personnes qui ont trouvé que l'usage de l'IA leur a permis d'apprendre beaucoup plus et d'être plus intelligentes sont à 30 %, alors que celles qui ont trouvé que cela avait atrophié leurs capacités cognitives et leur façon de travailler sont beaucoup moins nombreuses, à 8 %.
Il y a donc du positif et du négatif. L'objectif de cette newsletter et du travail que nous faisons est de te permettre d'aborder ce phénomène avec un esprit critique. Je suis absolument convaincu qu'il faut apprendre à manager ces IA pour en faire des collaborateurs qui nous aident à être beaucoup plus autonomes aujourd'hui et à nous émanciper. Face à ce qui arrive, on va devoir être vraiment prêt. Pour cela, il faut comprendre ce qui se passe et savoir utiliser ces outils pour trouver notre propre chemin dans ce monde. Qu’on soit inquiet ou enthousiaste. Ou les deux.
C'est ce qui m’anime depuis des années.
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Pour les prochaines lettres, j’ai envie de travailler sur des formats plus courts (en plus des guides mensuels comme celui-ci), une sorte de carnet de route qui reflètera plus ce que nous avons expérimenté, pensé et découvert au fil de l’eau. Qu’en penses-tu ?
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Merci de nous avoir consacré un peu de ton temps. Je te souhaite une belle semaine !
❤️ Benoit, Thomas et Jeff.
Comment Claude est devenu mon responsable marketing