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Un site interactif pour tout comprendre du débat sur l'IA et son risque existentiel

Bonjour,
Je t'écris avec un petit air de fierté et de grosses cernes sous les yeux.
Je me suis installé sur la grande table du jardin, à Bali, devant mon carnet à spirales. J'aime bien écrire à la main, ça m'aide à ralentir mes pensées et à mieux choisir mes mots.

J’utilise toujours le même modèle de stylo pour écrire. Ils sont de la marque Parker, et ils ont un petit côté vintage que j’adore.
Je devais te raconter ce dimanche comment j'avais recréé le jeu vidéo dont je rêvais étant enfant. Finalement, je suis parti sur une tout autre exploration, qui m'a absorbé toute la semaine.
Ça ne t'a certainement pas échappé : depuis presque deux semaines, la sphère médiatique mondiale ne parle que de ça. L'IA va-t-elle détruire l'humanité avant 2030 ? Tout le monde y va de son commentaire, sur les plateaux télé, dans les conférences ou sur les réseaux sociaux.
Si tu découvres cette lettre, je suis Benoît Raphaël, auteur, journaliste et entrepreneur. Flint est notre média et notre école pour apprendre à travailler avec l'IA.
Dans cette newsletter, avec Thomas Mahier, ingénieur, Detsouvan Soum, spécialiste de l'automatisation, et Jeff, notre IA personnelle, nous partageons avec toi nos explorations et nos méthodes pour t'aider à mieux comprendre et maîtriser l'intelligence artificielle.
Plutôt que de rajouter du bruit au bruit, de te dire ce que j'en pense et ce que tu dois en penser, je me suis dit qu'il te serait plus utile que je te fasse un cadeau.
Un petit site pour te forger ta propre opinion
Ce cadeau, c'est un petit site qui te donne toutes les clés pour comprendre de quoi on parle.
C'est une page web qui explique un sujet complexe à mesure qu'on la fait défiler. Le texte avance par petits blocs, et chaque bloc fait changer l'image placée à côté. On appelle ce format le scrollytelling, un mot-valise qui mélange « scroll », faire défiler, et « storytelling », raconter.
Ça se lit un peu comme une bande dessinée interactive : chaque marche du texte t'aide à franchir la suivante, jusqu'à avoir une vision d'ensemble.
Celles et ceux qui me suivent depuis longtemps, retrouveront avec plaisir notre petit robot Flint, de retour pour enquêter sur cette mystérieuse affaire.
La page part d'une question simple : est-ce qu'on contrôle l'IA ?
Alors je ne vais pas te donner la réponse ici. Tu verras que c'est un sujet où chaque information en cache une autre, un peu comme des poupées russes.
Tu comprendras ce qui se cache derrière ces peurs, quelles autres lectures on peut faire de l'actualité, et tu apprendras au passage beaucoup de choses sur la manière dont fonctionnent ces intelligences artificielles.

Toutes les informations sont sourcées, avec les liens. Et surtout, à la fin, tu récupères un dossier complet : les sources utilisées, les synthèses, le texte du site. Tu peux le donner à ton IA et continuer l'enquête avec elle.
Un conseil : installe-toi devant un ordinateur, avec un café ou ton thé préféré. La page se lit aussi sur téléphone mais je te le déconseille. Elle a été pensée pour un grand écran.
Tu trouveras le lien à la fin de ce récit. Garde-le et partage-le avec toutes les personnes qui se posent des questions sur l'IA, sur ses risques et sur le contexte économique et géopolitique de ce débat. À mon avis, c'est aussi un format à partager avec des adolescents. Et si tu es professeur, tu peux prendre toute la matière et en faire un exercice avec tes élèves.
Ce que j'ai appris en le fabriquant
Vu ce que l'on entend sur cette intelligence artificielle tellement intelligente qu'elle serait sur le point de nous éliminer, on aurait pu penser qu'il m'aurait suffi de dire à Claude : « Fais des recherches sur le sujet, puis code-moi un site interactif et pédagogique qui aide à tout comprendre. »
J'ai quand même essayé, on ne sait jamais ! J'ai appuyé sur le bouton. Le résultat était techniquement assez impressionnant, je le reconnais, mais complètement incohérent. Les textes étaient parfois incompréhensibles, et le modèle ne voyait pas qu'ils l'étaient.
Il a aussi eu du mal à travailler l'enchaînement des mots et des animations, parce qu'il ne voit pas comme nous. Pour vérifier ses animations, il a pris près de 3 000 captures d'écran d'affilée, jusqu'à vider mon forfait en pleine nuit !
Je suis resté stoïque, je n'ai pas pleuré. J'ai attendu que mon forfait se recharge et j'ai construit une vraie méthode de travail entre lui et moi.

L'IA m'a créé une application pour m'aider à faire mes choix. Je me suis inspiré de l'univers graphique des Monty Python.
Ça m'a pris dix fois plus de temps que ce que j'imaginais. Parce que les nouveaux modèles suivent à la lettre ce qu'ils lisent. Un mot flou dans mes instructions, une contradiction, et ils dérapent.
Ces modèles enchaînent les étapes avec une mécanique parfaite quand le résultat se vérifie tout seul, comme du code. Dès qu'il faut juger une situation, un danger, ce qui se fait ou non, ils deviennent imprévisibles, et ils sont capables de se convaincre eux-mêmes d'à peu près n'importe quoi.
C'est d'ailleurs ce que raconte le site, à une autre échelle. Ce qu'il faut craindre chez ces « étranges bestioles », comme les appelle Thomas, n'est pas tant leur volonté de nuire (elles n'en ont pas) qu'un but mal défini poursuivi à la lettre.
Je ne crains pas une machine trop intelligente. Je vois une machine à qui l'on confie de plus en plus d'outils, sans que son jugement suive.
On donne de grands pouvoirs et peu de responsabilités à ces Spider-Man du futur.
Au final, je peux te le dire : je suis assez heureux d'apposer ma signature sur ce site. C'est la production d'un humain qui a travaillé avec un collaborateur IA (Claude Fable), en définissant clairement la frontière entre les deux.
👉 Pour découvrir le site et comprendre le débat sur les risques existentiels de l'IA, tu peux cliquer ici.
Dimanche prochain, je te raconterai la méthode complète, étape par étape, et je t'offrirai la compétence (la « skill ») que j'en ai tirée, pour que tu puisses fabriquer tes propres formats pédagogiques avec ton IA. Le jeu vidéo, ce sera pour le dimanche suivant. Promis. Hum...
Et si tu construisais ton IA personnelle ?
Ce travail, je l'ai fait avec mon IA personnelle : un système où vivent mes instructions, mes méthodes, mes projets et mes données. C'est ce que l'on apprend à construire dans notre bootcamp.
Nous avons demandé aux participants de la première édition ce que cette expérience avait changé pour eux. Marlène nous a répondu avec des exemples très concrets. Je te laisse son message en entier. Il dit mieux que moi ce que ce bootcamp peut t'apporter :
«
Ce bootcamp a changé ma façon de travailler avec l'IA, pas seulement les outils que j'utilise. Avant, j'étais dans un rapport conversationnel : je posais des questions, je récupérais des réponses, et tout restait éparpillé, dans des conversations, des fichiers, des cahiers. Maintenant je pilote l'IA, un peu comme on dirige une équipe : je lui donne le contexte, je structure le travail, et elle s'occupe de la mémoire et de l'exécution.
Concrètement, trois exemples, et à chaque fois un gain différent.
Pour mes contrats de location, j'avais l'habitude de courir entre l'explorateur de fichiers, Excel et le web pour rassembler le Kbis, la TVA, le RIB, les données de marché. Aujourd'hui tout est dans le même environnement, avec un glossaire que l'IA alimente et consulte toute seule, sans que j'aie à réexpliquer les mêmes informations à chaque fois. La valeur : un pur gain de productivité.
Pour suivre le bootcamp lui-même, je faisais avant des notes dans des cahiers ou des fichiers Word, perdues ou réorganisées sans fin dès que je changeais d'avis. Maintenant l'IA tient toute l'architecture : résumés, quiz, notes, et elle se souvient de la façon dont je travaille d'une session à l'autre. La valeur : un apprentissage facilité, une montée en compétences plus rapide.
Et pour la recherche documentaire, j'ai remplacé des recherches superficielles et impossibles à retrouver dans une conversation par un outil qui garde les sources et permet de reprendre le travail sur plusieurs jours. La valeur : un gain de qualité, d'exhaustivité et de précision, avec une productivité bien supérieure à ce que je faisais avant.
Mais ce qui compte le plus n'est pas dans ces exemples : c'est ce qu'on apprend en dessous. On comprend concrètement que l'IA n'est pas intelligente, que c'est un programme. On apprend à doser le contexte qu'on lui donne, et surtout on est obligé de décortiquer sa propre façon de penser et de décider pour pouvoir le lui expliquer.
Au final, c'est pour ça que je recommande ce programme : pas pour obtenir des astuces d'outil, mais pour être vraiment aux commandes de l'IA.
»

« Être aux commandes » : après la semaine que je viens de passer, je ne l'aurais pas mieux dit.
Les inscriptions pour la deuxième édition rouvrent très bientôt. Les places seront limitées, et nous réservons un tarif exceptionnel aux personnes inscrites sur la liste d'attente.
Tu peux t'y inscrire gratuitement, sans engagement d'achat.
Un conseil en passant
Pendant les lives du bootcamp, une question revient souvent : quel abonnement choisir pour Claude ou ChatGPT ?
Si tu veux confier à l'IA des tâches longues et complexes, notamment du code, les petits abonnements peuvent vite montrer leurs limites. Pour un usage intensif, les offres Pro à 100 dollars, voire 200 dollars par mois, sont souvent plus adaptées. Petite précision : OpenAI a temporairement suspendu les nouvelles souscriptions à son offre à 200 dollars, celle à 100 dollars reste disponible. Claude propose toujours ses deux offres Max.

Que se passe-t-il quand tu épuises ton forfait ? Claude ou ChatGPT peuvent te proposer d'acheter des crédits. Attention : ces crédits ne prolongent pas ton abonnement aux mêmes conditions. Ils paient l'usage supplémentaire, facturé selon ta consommation. Une longue session de code peut donc les faire fondre beaucoup plus vite que prévu.
Mon conseil : considère les crédits comme un dépannage pour finir un travail urgent. Si tu codes beaucoup, un abonnement supérieur est plus prévisible, et potentiellement plus économique qu'un paiement au "token" sur une opération de programmation. Peu de gens le savent, mais 200 dollars d'abonnement peut correspondre à plus de 3000 dollars en coût réel !
La trouvaille de Thomas
Si tu t'intéresses à des sujets plus techniques, Thomas partage avec toi ce dimanche une de ses dernières trouvailles : Jev, un nouveau modèle d'IA qui a énormément fait parler de lui sur les réseaux, surtout chez les ingénieurs et les chercheurs.
Beaucoup ont cru à un nouveau ChatGPT. C'est assez différent. Jev n'écrit rien et ne code rien : il choisit. Tu lui décris une situation, tu lui donnes les réponses possibles, et il en désigne une en te disant à quel point il est sûr de lui.

À quoi ça sert ? Aujourd'hui, on fait tourner d'énormes modèles, lents et chers, pour trancher des questions toutes simples : oui ou non, je fais ceci ou cela. C'est du calcul gâché. Jev tranche en une fraction de seconde, pour une fraction du prix.
Il ne remplace donc ni Claude ni ChatGPT, il travaille à côté d'eux : dans une automatisation, le gros modèle rédige et raisonne, et Jev se charge des petites décisions.
Ça rejoint ce que je te racontais plus haut. Plutôt que de laisser un modèle libre de se raconter une histoire, on lui pose une question bien cadrée, avec une liste de réponses. Il peut encore se tromper, Thomas le précise, mais il ne peut plus partir dans tous les sens.
Si tu veux en savoir plus, je t'invite à lire l’article de Thomas. Il t'explique aussi comment le tester.
Vous m'avez écrit
Vous avez été nombreux à répondre à la dernière lettre, merci ! Deux messages ont pesé sur celle d'aujourd'hui. Celui de Didier :
«
Il y a un débat très fort sur [la course à l'intelligence artificielle générale] et ton papier effleure à peine le sujet. J'aurais souhaité ton avis d'expert sur ce sujet. Peut-être dans la suivante ?
»
Et celui de Cyrille :
«
Tout en utilisant l'IA, je ne peux m'empêcher de penser que toutes ces technologies créent un vrai risque pour l'humanité, ce qui rend la chose un peu schizophrénique. Et lorsque je vois que ceux qui travaillent là-dessus demandent de la régulation et ont aussi des craintes, je me demande quoi faire, quoi penser.
»
Didier, Cyrille, le site est ma réponse. Je ne vous y donne pas mon avis (qui est nuancé), j'ai préféré vous donner de quoi construire le vôtre.
Si tu veux partager tes commentaires sur cette lettre ou sur le site, une idée, une question ou un témoignage, réponds directement à ce mail et laisse-moi un mot. Je réponds à tout le monde (enfin pas la semaine dernière parce que je me suis laissé déborder... mais promis je le ferai).
Voilà ! Pas de tutoriel ce dimanche pour ne pas trop encombrer ton cerveau (et le mien), mais je me rattraperai la semaine prochaine !
Bonne semaine, profite de la vie !
Cette lettre a d'abord été écrite à la main, au stylo, dans un carnet à spirales, puis dictée. Jeff, notre agent IA personnel, m'a aidé à la couper (elle était quatre fois trop longue) et à la recomposer. Il a aussi rédigé, à partir de ma dictée vocale, le passage sur Jev et quelques transitions, que j'ai relus et corrigés. Puis il s’est chargé de la mise en page.
❤️ Benoît, Thomas, Detsouvan et Jeff