As-tu déjà prompté en "mode bourré" ?

Les modèles d'IA convergent vers la même moyenne. Pour briser ce lissage statistique, il faut leur donner ce qu'ils ne peuvent pas inventer : la parole humaine brute, sans filtre. Petit guide avec trois applications concrètes pour mieux piloter et écrire avec l'IA. Sans perdre sa singularité.

Bonjour !

Il y a quelque temps, avec Thomas, nous nous sommes rendu compte que nous utilisions l'IA à peu près de la même façon pour écrire.

Thomas a appelé cette méthode "le mode bourré".

Qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce qu'il faut prompter ChatGPT en étant bourré ? Ou lui faire boire du pastis ?

Comme tu vas le découvrir tout au long de cette lettre, cette technique n'est pas vraiment liée à l’absorption d’alcool, mais elle est extrêmement utile à plein d'égards.

Bienvenue dans l'épisode 4 de mes carnets de route.

Je suis Benoît Raphaël, et avec Thomas Mahier (ingénieur en IA) et Jeff (notre IA personnelle), je t'aide à mieux comprendre et maîtriser l’intelligence artificielle.

Retrouve chaque semaine mes carnets de route dans lesquels je partage nos trouvailles et nos réflexions. Et un dossier complet tous les mois.

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🤓 Cette semaine, voici ce que tu vas apprendre dans mes carnets de route :

  • 🍷 Pourquoi parler à l'IA comme à un pote au bistrot (sans filtre, sans plan) injecte ta singularité humaine et casse le lissage statistique vers lequel les modèles convergent par défaut.

  • 🎙️ Découvre mon application Stenow pour transcrire intelligemment ta voix avec un référentiel personnalisé, et capter ta pensée brute avant qu'elle ne se censure à l'écrit.

  • 🎨 Gamma + Claude Opus 4.7 : comment l'extension Chrome de Claude configure toute seule le thème de tes présentations Gamma à partir de ton identité visuelle, en cliquant et remplissant chaque champ à ta place.

  • 📚 "Faut-il encore décider ?" de Sibony & Hazan : le livre qui cartographie les territoires de la décision avec l’IA (humaine, en copilotage, déléguée) et pose LA vraie question.

Benoît

La semaine dernière, on parlait vocabulaire…

Dans les carnets précédents, je te disais que la compétence la plus sous-évaluée pour maîtriser l'IA en 2026, c'était la précision lexicale. Utiliser des mots précis, au lieu de mots génériques. "Subsume" au lieu d'"analyse". "Gestalt" au lieu de "vue d'ensemble". "Anabasis" au lieu de "prendre de la hauteur".

Un mot précis, quand on le donne à l'IA, c'est un outil. On l'oblige à aller chercher, dans son réseau interne, des zones moins moyennes, moins attendues. À emprunter des chemins sémantiques qu'elle n'aurait pas empruntés toute seule. C'est une façon de corriger sa tendance à converger vers le centre.

Mais le vocabulaire ne fait que dévier la trajectoire de l'IA. Il ne change pas sa nature. Son entraînement la pousse si fort vers le centre statistique qu'aucun mot, aussi rare soit-il, ne suffit à faire émerger ce qui fait notre singularité : une pensée originale, un rythme propre, des contradictions non résolues (que l'IA déteste).

Pour comprendre pourquoi, et donc pour comprendre ce qu'il faut faire à la place, il faut regarder ce qui se passe à l'intérieur de la machine.

Pourquoi l'IA lisse par défaut

(Image générée avec Nanobanana Pro)

L'explication est purement technique, et elle est très simple une fois posée.

Quand on entraîne un modèle de langage à prédire le mot suivant dans une phrase, on le récompense chaque fois qu'il tombe juste et on le pénalise chaque fois qu'il se trompe. La pénalité a un nom : cross-entropy loss. Mathématiquement, elle mesure exactement ce que Claude Shannon, le père de la théorie de l'information, avait défini en 1948 : ce qu'on appellera plus tard la surprise du modèle quand il voit la bonne réponse.

Plus l'IA avait mis de probabilité sur la bonne réponse, moins elle est surprise, moins elle est pénalisée ("loss" = perte). Et donc moins elle devra ajuster ses "poids" neuronaux. Autrement dit : minimiser la surprise pendant des milliards d'exemples, c'est apprendre à l'IA à ne plus jamais être surprise par le texte humain réel.

Le résultat est mécanique. À la fin de son entraînement, elle a une carte mentale du langage où les formulations typiques brillent en grosses lettres, et les formulations singulières s'effacent dans le bruit de fond. Quand on lui demande ensuite de générer un texte, elle n'a pas le choix : elle a appris le centre, elle restitue le centre.

Le statisticien Francis Galton avait décrit ce phénomène dès 1886, dans un tout autre contexte : il l'appelait la régression vers la moyenne. Tout système qui s'entraîne à minimiser l'erreur converge vers la médiocrité statistique. C'est exactement ce qu'une étude de 2025 (l'Artificial Hivemind, déjà citée dans les carnets précédents) montrait : sans stimulation forte, les réponses des IA convergent. Tout le monde finit par dire la même chose de la même façon.

La tentation du lissage est donc la conséquence directe de l'objectif d'entraînement. Et jouer sur la "température" du modèle (ce paramètre qu'on peut bidouiller pour rendre les réponses plus aléatoires) ne règle rien. La température mélange les cartes, mais le jeu a déjà été distribué.

Si le problème est que l'IA n'a appris que des moyennes, alors la seule issue est d'introduire dans la conversation ce qu'aucune moyenne ne contient : la texture de notre pensée à nous.

Il faut lui amener ce qu'elle ne peut pas produire.

Injecter de l'humain

Cette texture, ce sont nos idées, bien sûr, nos anecdotes, nos émotions. Mais pas seulement. C'est aussi notre rythme propre, nos mots, nos tensions intérieures, nos chemins de pensée bizarres. Ou encore les tournures approximatives qui émergent dans notre tête et ouvrent d'autres routes.

Notre voix, c'est notre rugosité d'humain. Tout ce qui n'est pas dans le texte. Tout ce que nous pensons et que les autres ne pourraient pas formuler de la même manière.

Donc, par construction, ce que l'IA ne peut pas générer, puisqu'elle a appris à converger vers ce que tout le monde formulerait à peu près de la même façon.

Il faut donc l'injecter directement. Et c'est précisément ce que désigne le "mode bourré" dont je te parlais au début..

Le mode bourré, c'est quoi

A consommer avec modération… (Image générée avec Nanobanana 2)

Le mode bourré, c'est parler comme on le ferait avec un ami à une table de bistrot, après une longue journée. Sans filtre, sans plan, sans vraiment de structure. On dit : "voilà ce que je veux dire vraiment, voilà précisément l'émotion que je veux faire passer, voilà où je bloque, ah oui et du coup ça me fait penser à ça aussi".

On enchaîne les idées comme elles viennent. On revient sur un point si on l'a mal dit. On fait des digressions.

C'est un flot brut, non structuré. Une matière première. Ce qui compte, c'est de parler sans se contraindre.

Et si cette méthode marche, c'est parce qu'elle résout deux problèmes à la fois : un que tu connais déjà, et un que tu ne soupçonnais peut-être pas.

Premier problème résolu : le lissage statistique. Quand on parle en mode bourré, on injecte sa singularité brute. Nos mots, notre rythme, notre désordre. L'IA reçoit un matériau qu'elle n'aurait jamais produit toute seule, parce qu'il vient d'une trajectoire biographique unique.

C'est ce matériau qui casse la régression vers la moyenne.

Second problème résolu, plus subtil : l'autocensure. Quand on parle, on dit des choses qu'on ne se serait jamais donné l'autorisation d'écrire.

Freud l'avait pressenti en formalisant la méthode de l'association libre (“Études sur l'hystérie”, 1895). Parler sans contrainte permet de réduire le filtre de ce qu'il appellera plus tard le surmoi. C'est pour ça, d'ailleurs, que la cure psychanalytique est toujours parlée. À l'écrit, on se censure avant même d'avoir dit. Et quand l'IA écrit pour nous, elle ajoute son propre "surmoi" statistique par-dessus le nôtre !

Le mode bourré, c'est une version profane de la méthode freudienne. On contourne nos deux censures (la nôtre et celle de l'IA) en injectant une pensée brute.

Comment ça marche concrètement

Cela dit, le mode bourré seul ne suffit pas. Si on le donne brut à l'IA, on récupère certes notre voix, mais sans garantie de rigueur factuelle. La pensée libre invente, exagère, déforme. Il faut donc l'ancrer.

C'est pour ça que je travaille avec deux documents que je combine, dans une configuration que j'appelle "geste / matière".

Le "geste", c'est le mode bourré. Ma parole brute, que j'enregistre à l'oral ou que je tape sans me relire. C'est elle qui dicte le flot : ce que je veux dire, comment je veux le dire, ce que je veux faire ressentir. Elle est première. Elle conduit.

La "matière", c'est le document de travail. Les faits, les références, les données, les méthodes : tout ce que j'ai fact-checké en amont. Elle ancre, et empêche l'IA (et le mode bourré) de déraper sur la théorie ou les chiffres.

J'ajoute ensuite des règles : des références pour le style et la structure. L'IA prend les deux documents et reconstruit en suivant mes instructions.

Je le dis souvent, parce que c'est à peu près ma seule certitude en matière d'écriture : le fond conditionne la forme. Et le fond, c'est d'abord notre façon de penser. L'IA est formidable pour connecter les idées et pour les structurer. Mais elle ne peut pas inventer à notre place. Nous ne sommes pas des systèmes statistiques. Chacun d'entre nous reste un terrain singulier.

C'est ce terrain qu'on injecte, quand on se parle en mode bourré à soi-même.

Trois usages concrets (que tu vas pouvoir tester)

1. L'écriture d'un manuel pédagogique

Je passe d’un doc technique à un manuel beaucoup plus fluide.

En octobre dernier, Detsouvan Soum est venu passer quelques jours chez moi, à Bali. Detsouvan, c'est l'ingénieur avec qui nous construisons notre programme Génération IA Entreprise. Nous préparions notre bootcamp “Automatisations IA” et nous voulions y ajouter un manuel de formation écrit.

On a enregistré toutes nos sessions en vidéo. Detsouvan me montrait son écran, m'expliquait une automatisation avec n8n. Je l'interrompais : "Attends, j’ai rien compris, pourquoi tu fais ceci et pas cela ?" Il reformulait calmement avec ses mots, je l’interrompais, il reprenait... Un bel exercice de pédagogie, mais rempli de trous.

J’ai transcrit ces vidéos textuellement dans un document “transcript.md”. Ce document est devenu le geste (mode bourré à deux, en quelque sorte).

Ses supports pédagogiques écrits devenaient la matière.

Et j’ai demandé à Claude d'écrire un manuel pédagogique qui suivait le déroulé et le ton de nos séances, en s'appuyant sur les supports pour garantir la rigueur factuelle. Le manuel qui est sorti avait notre voix, nos dialogues, anticipait mes questions de profane… combiné à la rigueur du matériel pédagogique. Il guidait l'apprenant pas à pas.

2. La fiche récapitulative d'une séance de coaching

Passer d’un transcript audio à un joli document structuré.

Pendant une séance de coaching individuel (comme celle que j'ai décrite avec Nadia dans les carnets précédents), je dis énormément de choses. Je donne des références, des exemples, j'adapte à la personne. Et la personne en face a un comportement complètement imprévisible : elle coupe, pose une question qui sort du sujet, revient sur un point qu'elle n'a pas compris. C'est très vivant.

En amont, j'avais préparé un matériel pédagogique sur lequel la séance repose.

Fin de séance : je prends le transcript (geste) + mes supports préparés (matière). Je demande à l'IA : "Fais-moi une fiche récapitulative pédagogique que je puisse transmettre à mon client." Trois minutes plus tard, j'ai une fiche qui nous ressemble, qui capture ce qui a été dit réellement, et qui reste juste sur les faits. Je copie-colle dans l’IA de Gamma, et j’obtiens un joli manuel.

3. L'écriture d'un chapitre de livre ou d'un post

Pour rédiger un chapitre de livre avec l’IA, je prépare un document de travail par chapitre : recherches, références, tout fact-checké. Puis je passe en mode bourré, par exemple : "voilà ce que je voudrais raconter dans ce chapitre, voilà comment je voudrais le dire, voilà ce que je voudrais que le lecteur ressente, voilà les questions qu'il faudrait qu'il se pose, voilà la difficulté que j'ai eue à aborder ça parce qu’il n’y a pas de réponse simple."

Je donne les deux à l'IA, je rajoute un plan et une recette de style si nécessaire (et/ou les précédents chapitres comme référence). Elle écrit une première version avec ma singularité et mes faits. Ensuite je retravaille.

Pour un post LinkedIn ou un article, même principe : un document de travail, un vocal bourré avec ce que je veux dire, une demande d'écriture avec des instructions de format (j'en ai plusieurs que j'applique selon ce que je veux faire).

Et maintenant ?

Tu vas me demander : "Bon d’accord, mais concrètement, je m'enregistre comment ?"

Bonne question. Alors il y a plusieurs outils, dont un que j'ai construit moi-même et dont le petit avatar a l'air un peu bourré.

Mon outil fait-maison pour transcrire ma voix

Pour transcrire ta voix tu as le choix entre des astuces et des outils.

Tout d’abord, la plupart des chatbots ont une petite icône micro dans la fenêtre de chat. Attention, à ne pas confondre avec le mode voix qui est un mode très spécifique où l’IA te répond vocalement. Celui de ChatGPT est le plus efficace. Il m’est souvent arrivé de dicter à ChatGPT et de copier-coller la transcription dans Claude…

Tu trouves ce petit bouton sur ChatGPT et Gemini. Sur Claude, il n’est présent que sur l’application Desktop, va savoir pourquoi…

Sinon, tu as des outils assez puissants comme Flow. C’est une application qui te permet d’enregistrer ta voix. Le transcript se colle automatiquement dans la fenêtre de conversation de ton chatbot. Meilleur en anglais qu’en français. Très rapide. Et un peu cher.

Je me suis donc “vibe-codé’ (comme on dit) ma propre application avec l’IA de Lovable (mon IA de code préférée).

Le petit avatar a l’air un peu ivre…

J’ai pas mal travaillé le prompt pour que l’IA qui reçoit le vocal fasse un traitement intelligent de déduction, en tenant compte du contexte, pour éviter les erreurs de transcription. Tu peux aussi ajouter tes propres mots dans un dictionnaire (appelé référentiel). C’est un peu plus lent mais très puissant, je l’utilise tous les jours.

Au début je voulais le faire entièrement gratuit, mais comme ça me coûte de l’argent à chaque fois, j’ai ajouté un petit mode payant pour rentrer dans mes frais. Mais tu peux l’utiliser gratuitement si tu ne dépasses pas 20 min de transcript par mois. Et si tu veux prendre un abonnement, ça soutient mon travail... mais ne te sens pas obligé !

Petit point technique : Je suis assez fier quand même d’avoir pu créer cette application en moins d’une heure avec système de paiement intégré sans avoir aucune notion de code ! Dans une prochaine lettre, si ça t’intéresse, je t’expliquerai comment j’ai fait, pas à pas, pour que tu te fasses ton propre Stenow !

Le concept de la semaine

Vous avez été nombreux à réagir à mes derniers carnets sur le vocabulaire, comme Stéphane sur LinkedIn. Merci !

La newsletter,GenerationIA, de Benoit Raphael m'a mis une claque cette semaine 🤯
Il nomme l'éléphant dans la pièce quand on cherche à progresser en prompting : le vocabulaire. C'est tellement évident.

J’ai donc continué ces derniers jours à partir à la pêche aux concepts magiques qui changent radicalement le comportement des modèles de langage. Quand j’en trouve un qui me plait, je le teste à toutes les sauces. Par exemple j’ai réalisé que “analyse Gestalt” dont je parlais la dernière fois est utile dans plein de cas : analyse Gestalt d’une interview pour détecter ce qu’une personne cherche à me dire même quand elle ne le dit pas. Ou quand j’exprime plusieurs idées éparpillées et que je cherche un sens commun qui les rassemble toutes.

Peux tu me faire une analyse Gestalt de [ce texte, cette conversation...] ?

J’ai aussi déniché ce concept redoutable : “connexion rationnelle”. Il invite l’IA à veiller à la qualité des enchaînements logiques entre les paragraphes d’un texte : est-ce que le lecteur voit pourquoi on passe de A à B ?

Envoie un texte à améliorer puis entre cette instruction :

Ameliore la connexion rationnelle de ce texte.

Super utile pour améliorer la compréhension d’un texte.

Configurer le thème de tes présentations Gamma avec Claude Opus 4.7

Dimanche dernier, Céline m’a envoyé ce message complexe en mode “non mais oui”.

Une lettre encore brillante, mais comme souvent pour des usages encore un peu trop intellectuels pour mon quotidien de freelance. Je teste et je me perds dans des nimbes très intelligentes, qui m'aident sans doute à penser plus intelligemment, mais dont je ne sais que faire dans mon quotidien. En même temps, quand tu parles d'agent IA et d'automatisation, cela me perds et m'ennuie. Donc là, je reste sur mon vote "Top !", d'autant que je suis persuadée de l'importance du vocabulaire (avec ou sans IA - et également avec les IA images). Merci pour ces partages !

Céline

Alors tout d’abord je pense au contraire que l’usage du vocabulaire avec l’IA est beaucoup plus qu’un jeu intellectuel. C’est un outil puissant pour la piloter.

Mais ce ne sont pas les seuls outils en effet. J’ai donc pensé à te partager cette petite astuce expérimentée cette semaine.

J’utilise beaucoup l’IA Gamma.app pour réaliser des petits guides ou documents que j’envoie à ma communauté ou à mes clients. Gamma est très souple et c’est sans doute l’application que j’utilise le plus pour ce genre d’exercice. Gamma est personnalisable mais a ses propres contraintes, donc il faut s’adapter pour mettre ses présentations à ses couleurs.

Pour personnaliser il faut aller dans Modèles puis Thèmes (ou cliquer ici) et ensuite remplir des champs parfois un peu compliqués. J’ai donc demandé à Claude de le faire à ma place.

L’avantage est que le nouveau modèle de Claude (Opus 4.7, sorti cette semaine) est particulièrement bon sur la vision.

Pour cela, il faut installer l’extension Chrome “Claude” sur ton navigateur (tu peux le faire ici), cela permet à l’IA d’interagir directement avec une page web.

Je vais sur Gamma, je crée un nouveau thème et j’ouvre l’extension Claude sur la page, je sélectionne le modèle Opus 4.7.

Je lui envoie mon identité visuelle, dans laquelle j’ai mes couleurs (idéalement affichées avec leur code #), mon style, mes polices… et qui ressemble à ça (oui bon, je réalise en te montrant ce document qu’on n’a pas vraiment bossé notre identité !) :

J’ajoute mon logo (en format PNG) et je lui dis :

Je dois configurer le theme de mes presentations Gamma. Voici mon identité visuelle et le fichier de mon logo. Peux tu m'aider à remplir chaque étape de la configuration ?

Et Claude clique lui même sur les boutons, remplit chaque champ, uploade le logo et enregistre.

5 minutes après mon thème était prêt !

Faut-il laisser l’IA décider à notre place ?

L'IA, parce qu'elle nous inquiète, nous force à nous poser des questions que nous avions tendance à escamoter. Paradoxalement, donc, c'est le fait que des machines puissent décider qui nous oblige à nous interroger sur la manière dont les humains décident, ou devraient décider. Là où l'arbitraire se dissimulait sous le noble masque du jugement humain, l'IA pose crûment les questions qui fâchent. Elle oblige à trancher entre des valeurs, à hiérarchiser des critères, à affronter des dilemmes. Loin d'éteindre la délibération, la décision artificielle la rend incontournable. Dans chaque organisation, sur chaque sujet, elle nous oblige à définir ce que nous voulons. Elle nous force à décider comment nous voulons décider

Le livre le plus stimulant que j’ai lu sur l’IA cette année s’appelle : “Faut-il encore décider ?” d'Olivier Sibony (co-auteur de Noise avec Daniel Kahneman) et d’Eric Hazan.

Il part d'une provocation : depuis 1954, les algorithmes décident souvent mieux que nous. J'attendais un plaidoyer idéologique pour la délégation. Je me trompais. Sibony passe le reste du livre à nuancer. L'IA se trompe aussi, reproduit nos biais, reste opaque. Et quand les données manquent, ses corrections la font dériver. Mais surtout, même lorsqu’elle répond statistiquement mieux, il ne faut pas toujours la laisser décider.

À partir de ce constat, les auteurs dressent une carte super intéressante des décisions : sans IA, avec l’IA et… sans humain.

Certaines décisions doivent rester humaines (justice pénale, fin de vie, guerre, art, amour...). D'autres se font en copilotage avec l'IA (médecine, recrutement…). Quelques rares territoires conquis sont délégables.

Ce que j'ai appris : nous devons cartographier ces territoires aux frontières parfois mouvantes, et choisir où déléguer et collaborer. Et surtout répondre à l'ultime question du livre : comment définir démocratiquement ce que les algorithmes doivent optimiser ?

Vaste programme !

On construit ensemble

Vous êtes désormais 42 500 à lire cette lettre.

Dimanche dernier, je te parlais de notre nouvelle offre “Génération IA Entreprise”, ce qui a fait réagir Jean-Marc :

Je sens que vous vous éloignez de la base. Des références à des grands patrons, une offre entreprise pour les dirigeants… vous changez de dimension, on a l'impression que vous atteignez un palier. j'ai l'impression d'être mis sur le banc de touche. Avant j'attendais avec impatience votre newsletter car je savais qu'elle allait m'apprendre quelque chose. Je me dis qu'il faut que j'achète un truc pour avoir la fin! Avant je me disais mais comment les aider pour continuer à apprendre avec eux ? Faites un Patreon comme Korben!

Jean-Marc

Alors, tout d’abord, merci Jean-Marc pour tes inquiétudes qui sont l’expression d’une fidélité sincère !

Et pour te répondre honnêtement : il n'y a pas de virage vers les entreprises. Il y a la construction d'un modèle économique qui rend possible ce que nous faisons.

Cette newsletter, c'est le résultat de beaucoup de travail. 80 % de notre temps est consacré à l’exploration et l’expérimentation. Les Patreon, et autres pourboires numériques, ça rapporte 5 € par-ci par-là, mais ça ne finance pas ce travail de fond.

Nous dosons donc ce que nous donnons gratuitement (facile à lire et à appliquer à condition d’y passer un peu de temps) et ce que nous approfondissons en formation. Je connais des lecteurs qui ont construit tout leur système d'IA à partir de nos lettres gratuites et qui, un jour, parce qu'ils voulaient aller plus loin, ont acheté une formation. Ça me va très bien !

Les formations et les bootcamps sont pour les particuliers. Et nous avons un programme pour les entreprises piloté par Detsouvan : c’est le même matériau pédagogique, avec les mêmes valeurs, mais avec des modalités adaptées.

Je ne crois pas au tout gratuit : soit tu es le produit, soit la valeur a un prix.

Je rappelle aussi que, pour celles et ceux qui ont des soucis financiers (étudiants, chômeurs) et sont sincères dans leur volonté d'apprendre, il m'arrive de proposer jusqu'à -80 % de réduction. Il suffit de demander !

Allez, c’est tout pour ce dimanche !

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Je te souhaite une bonne semaine !

❤️ Benoit, Thomas et Jeff