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Construire une IA pour ralentir : un tutoriel pour démarrer autrement avec Claude Code

On parle de slow food, de slow info, de low tech. Et si on parlait aussi de slow AI ? Une IA qu'on apprivoise dans la durée plutôt qu'on consomme à chaque sortie. Je te dévoile ma méthode pas à pas.

Bonjour !

J'espère que tu vas bien depuis la dernière fois.

Cette semaine, j'ai reçu plusieurs messages WhatsApp d'un lecteur, Arnaud, et Arnaud était un peu perdu.

“Je t’avoue que je suis perdu.
GPT 5.5 vient de sortir.
[...]
On sait que ça va fort de sortie en sortie.
« Regardez cette vidéo de 6h sur Claude Code »
« Les cours gratuits d’Anthropic »...
[...]
Y a de quoi devenir fou.
[...]
C’est franchement flippant et FOMO total.”

(FOMO = peur de rater quelque chose)

La même semaine, le podcasteur Grégory Pouy (“Vlan”), avec qui j'échange souvent, publiait un post sur Instagram qui, selon lui, avait eu un succès "choquant". Son post : "Pourquoi sommes-nous si épuisés ?"

“On pense constamment au futur : argent, climat, travail, retraite, santé, IA, statut social...
Résultat : on vit rarement là où notre corps est réellement.
[...]
Aujourd’hui tout peut changer tout le temps. Et notre cerveau n’est pas fait pour cette instabilité permanente.”

Ça te parle ?

À moi, ce sujet me parle beaucoup parce que, ayant des problèmes d'attention depuis que je suis tout petit, en même temps qu'un cerveau qui tourne parfois un peu trop vite, je me prends parfois cette accélération en pleine figure. Je swingue entre curiosité permanente et la sensation de marcher sur un tapis roulant à l'envers.

Il y a 9 jours, j'ai fait ma demande en mariage. Et j'ai soudain réalisé que je risquais de passer à coté du moment le plus important de ma vie. Une demande ce n'est pas rien. Alors j'ai décroché. J'ai consacré plusieurs heures par jour à préparer ma demande, à creuser dans notre histoire à tous les deux, à relire mes carnets écrits à la main, le lendemain de notre rencontre, ma peur d'aimer, mes réflexions depuis mon arrivée à Bali en 2022, sur la nécessité de vivre le temps présent, sur l'urgence de prendre le temps de vivre malgré le stress financier de l'époque. Sur tous ces jolis souvenirs que nous avons inscrits sur le papier fragile de notre vie. J'ai longtemps réfléchi au lieu où je voulais faire ma demande.

Je voulais prendre le temps de penser à chaque détail comme on peint un tableau. Ce n'est pas tant le tableau qui compte que le geste de peindre.

J'ai écrit une lettre, que je comptais lui lire, mais finalement c'est elle qui l'a lue à haute voix, les yeux remplis de larmes. Cette lettre, je l'avais recopiée à la main. Cela m'a pris 3 heures parce que je ne voulais pas avoir à raturer. Donc j'écrivais très lentement.

Écrire à la main n'est pas une version plus lente de l'écriture au clavier, c'est une autre opération cognitive. Elle réunit la pensée et le corps que le travail à l'écran sépare. Quand tu écris à la main, tu ne penses pas de la même manière. Tu penses avec ton corps. Un mot suit l'autre, tes yeux suivent la courbe des lettres, empêchent tes doigts de déraper, tu penses un mot après l'autre.

Quand on écrit à la main, le cerveau tisse des connexions plus étendues qu'au clavier. Ce qui serait bénéfique pour l'apprentissage (étude d'Audrey van der Meer et Ruud van der Weel, 2024)

Un outil ne nous propose pas une activité neutre, il structure ce qu'on peut faire avec lui. Le geste manuscrit mobilise le corps et lui demande de penser autrement.

Si je te raconte tout cela (et pardon de la digression, j'espère tout de même que ça te parlera), c'est parce que si écrire à la main est un geste lent que l'on choisit d'entretenir, la même question se pose pour le travail avec l'IA.

Alors aujourd'hui je te propose de ralentir.

On va parler d'intelligence artificielle, c'est la raison pour laquelle tu as ouvert cette lettre, mais on va essayer de comprendre comment nous pouvons en tirer quelque chose d'utile sans abimer notre cerveau.

Je suis Benoît Raphaël, et avec Thomas Mahier (ingénieur en IA) et Jeff (notre IA personnelle), je t'aide à mieux comprendre et maîtriser l’intelligence artificielle.

Retrouve chaque semaine mes carnets de route dans lesquels je partage nos trouvailles et nos réflexions. Et un dossier complet tous les mois.

Si on t’a transféré cette lettre, abonne-toi ici.

Si tu es abonné(e) et que tu souhaites te désabonner, pas de panique ! Va en bas de cette lettre et clique sur le lien “vous désabonner ici”.

Pour aller plus loin, nous te proposons aussi des formations individuelles, des bootcamps et du coaching en entreprise.

🤓 Cette semaine, voici ce que tu vas apprendre dans ces carnets de route (qui sont peut-être un dossier en fait, je me suis un peu laissé emporter !) :

  • Comment je me suis vacciné contre le FOMO : la slow AI. Pourquoi j'ai cessé de changer d'IA, ce qu'est un harnais, et pourquoi un agent qu'on apprivoise dans la durée vaut mieux que tous les nouveaux modèles dont on parle.

  • L'atelier de travail de mon papa de 85 ans. Le pas-à-pas exact pour installer ton propre espace IA avec Claude Code et Visual Studio Code, et en faire ton unique point d’entrée.

  • Empire of AI : ce que le verdict du procès Musk-OpenAI a laissé hors champ. Le livre de Karen Hao qui éclaire la question de fond que le tribunal n'a pas tranchée le 18 mai.

Benoît

Rester vigilant

La réponse, au fond, est assez simple. Comme notre corps a besoin d'aliments variés, notre cerveau a besoin de varier ses habitudes cognitives. Alterner entre écriture manuelle et au clavier, entre lecture sur papier et lecture sur écran, entre Intelligence artificielle et humaine, entre l'écran d'un GPS et le tracé de tes pas sur le sable.

L'IA te décharge mais elle te charge aussi, la lenteur peut peser autant que la vitesse te submerger, l'IA peut te confronter comme un miroir, mais aussi te lisser comme on efface une chevelure rebelle.

Il faut rester vigilant. Mettre la passion avant la productivité. S'écouter, ce que l'on a tellement de mal à faire. Écouter son corps autant que son cerveau, parce que le cerveau est d'abord un morceau de notre corps. Une partie du tout.

Désolé, je digresse peut-être encore, mais tu vois, ça ne fait pas de mal, non ? Ces 5 minutes que je viens de te voler à ton désir d'apprendre sur l'IA. Pour t'offrir un détour irrégulier. Tiens, et si ce matin, tu prenais ton stylo pour écrire comment ces mots résonnent en toi ?

Mais je vais répondre plus précisément à Arnaud.

La réponse à la question du FOMO, l'accélération des capacités de l'IA, la nécessité de maîtriser un nouvel outil, puis un autre, est celle-ci :

Arrête.

Cela fait plus d'un an que je travaille avec la même IA, le même système. J'ai progressivement abandonné tous les outils que j'utilisais : Notion, Google Docs, NotebookLM et tous les trucs qui se finissent par ".ai".

J'ai fait de l'IA un collaborateur à presque tout faire. C'est un collaborateur un peu atypique, parfois carrément stupide, parfois capable de faire des choses que je ne pourrais jamais produire. Je lui ai fait écrire du Flaubert, je lui ai fait créer les applications que j'utilise au quotidien, je lui faire faire mes corvées administratives, je lui fais relire, raccourcir, je lui demande de rassembler ce qui est épars, je le corrige, je m'en méfie, et je le laisse parfois me surprendre.

Image générée par Claude Code avec Nanobanana

Cette IA s'appelle Claude Code.

Alors évidemment, lorsque tu lis ce mot, ton cerveau va tout de suite afficher en grosses lettres clignotantes : "FOMO !" et "Il faut encore que j'apprenne un truc ?" suivi de "Où est le mode d'emploi ?"

Mais contrairement à ce que tu as pu lire ailleurs, Claude Code n'a pas besoin de mode d'emploi. Juste apprendre à lui parler.

Et pourquoi je parle de Claude Code ? Parce que dans Claude Code, il y a “code”. Cela ne veut pas dire que c'est un outil pour coder. Cela veut dire que c'est un collaborateur qui parle la langue du numérique.

Le code, c'est l'alphabet du monde numérique. Tout ce qui s'est numérisé depuis vingt ans (les services en ligne, les applications, les fichiers, les sites, les images, les sons) est écrit dans cette langue. Une IA qui la maîtrise peut donc se déplacer dans le monde numérique comme nous nous déplaçons dans une ville. Elle sait où aller, elle sait quoi faire, elle fabrique sur place les outils qu'il lui manque. Elle a son atelier.

Reste l'autre monde. Celui où l'on marche dans l'herbe, où l'on boit un verre de vin avec les gens qu'on aime, où l'on fait une demande en mariage, où l'on construit un feu (comme l'écrivait Jack London, j'y reviendrai plus bas...). Cet autre monde, l'IA n'y entre pas. C'est très bien comme ça.

Quelques exemples : si elle a du mal à calculer, elle peut créer un petit programme pour le faire. Si elle ne sait pas faire d'images ou de videos, elle peut se connecter à une autre IA qui le fait. Je n'ai pas besoin de connaître la technique derrière, la plupart du temps je lui dis "débrouille-toi" et elle trouve une solution.

Ce que j'ai fait depuis un an, c'est d'arrêter de passer d'un outil à un autre, ou d'adopter le dernier outil bluffant dont tout le monde parle, ou de courir après le dernier "agent" capable de te commander une pizza, ou encore de me demander quel était le meilleur modèle d'IA.

Pendant un an, j'ai conservé la même IA, et je lui ai construit un espace de travail pour qu'elle puisse travailler. Ce travail d'architecture prend du temps, bien sûr, mais c'est une construction utile, qui ne se périme jamais. Un capital, en quelque sorte.

Voilà pour la philosophie.

Tout ça te parait sans doute abstrait. Alors je te propose de t’aider pas à pas à installer ton agent dans le bon espace de travail et te donner quelques exemples très concrets. Ensuite je t'expliquerai pourquoi tu n'as pas besoin de tutoriel de 20 pages pour "utiliser Claude Code" et comment commencer.

À toi de jouer !

L’interface unique dans laquelle je travaille avec mon IA personnelle, via Claude Code.

Ce qui va suivre te prendra quelques dizaines de minutes. Si tu n’as pas le temps aujourd’hui, sauvegarde cette lettre et va directement à la fin.

Je vais t'expliquer, pas à pas, comment poser les fondations.

Tout ce qui viendra ensuite relève plus de la méthodologie que du mode d'emploi. Tu pourras l'apprivoiser dans la durée, et l'enrichir, en parlant avec ton nouveau collaborateur, ou avec nous (je te dirai comment plus bas).

Mon papa de 85 ans l'a installée, donc pourquoi pas toi ?

Mon royaume pour un harnais

Pour commencer, quand je te dis espace de travail, en fait je parle d'un dossier avec des fichiers textes dedans. Ce n'est pas plus compliqué.

Claude Code, comme tous les agents de code (Codex, Gemini CLI, OpenCode...), est une IA qui sait manipuler des fichiers.

Pour que tu comprennes un peu mieux, il faut que je t'explique ce que c'est que le harnais.

Image générée par Claude Code avec NanoBanana.

Un modèle de langage tout seul (GPT-5.5, Opus 4.7, Gemini 3.5, etc.), ne sait faire qu'une chose : produire du texte. Le harnais, c'est tout ce qu'on construit autour pour le transformer en collaborateur actif : les outils qu'il peut manipuler (terminal, fichiers, web), la boucle qui le fait raisonner et agir, la mémoire qu'il consulte d'une session à l'autre…

Le modèle de langage, c'est le cheval. Pour que ce cheval te soit utile, il te faut un harnais pour le diriger et lui faire transporter des charges.

Note pédagogique : les anglo-saxons appellent ce harnais le « harness », et c'est devenu une formule courante dans le monde de l'IA depuis 2026 : Agent = Model + Harness. Anthropic et OpenAI emploient les mêmes termes.

Claude Code par exemple, c'est un harnais. C'est à dire un ensemble de fichiers de texte ou de code qui guident le comportement du modèle de langage (en l'occurrence les modèles Claude). Un chatbot comme ChatGPT, ou la version web de Claude, quelque part, c'est aussi un harnais, mais beaucoup plus limité.

Claude Cowork, c'est un harnais, proche de celui de Claude Code mais plus sécurisé, plus lent, plus simple d'accès et moins souple.

L'avantage de Claude Code, c'est qu'il a deux harnais. Celui que lui a donné Anthropic et le tien. Tu peux dire à Claude Code de travailler dans un dossier sur ton ordinateur par exemple, et ces dossiers vont contenir des fichiers qui vont lui dire : qui tu es, comment tu travailles, quelles méthodologies utiliser pour faire telle ou telle chose, comment utiliser tel ou tel outil. Il lui donne aussi accès à du savoir : tes notes, des livres, des bases de données... C'est ce deuxième harnais qui constitue son atelier de travail.

Et pour travailler dans cet espace personnalisé, Claude Code a accès à des millions d'outils gratuits via un logiciel caché dans ton ordinateur qu'on appelle "le Terminal". Cet outil de code va lui permettre de convertir un PDF en texte, un autre de chercher sur Internet ou dans tes fichiers, de créer un dossier, d'écrire dans un fichier, de lire du son... ou même de parler.

Tu commences à voir où je veux en venir ?

Configurer ton harnais

C'est en fait le seul tutoriel qu'il te faut.

Il y a deux choses que tu dois apprendre à faire :

  • Créer les bons dossiers pour que ton IA s'y retrouve et puisse travailler.

  • La connecter à des outils si tu as besoin de lui faire manipuler des applications (par exemple tes mails).

1. Créer les bons dossiers

Pour démarrer et pour bien comprendre comment ça marche, je te recommande de créer un premier dossier que tu vas appeler "espace-de-travail" (par exemple). Tu vas dans ton dossier utilisateur (sur Mac par exemple, tu ouvres Finder, tu cliques sur le dossier qui porte en général ton nom, et tu crées un dossier dedans).

Ensuite tu pourras demander à Claude Code de créer lui-même les dossiers et les fichiers de base.

Pour que ça soit plus simple pour toi, je vais te dire comment j'ai installé Claude Code pour mon papa, 85 ans, qui n'y connaissait rien.

Ok, papa, va sur Internet, tape claude.ai, crée un compte, et prends un abonnement à 15€/mois.

Ensuite il va te falloir un petit logiciel gratuit super pratique pour à la fois visualiser tes dossiers et tes fichiers, écrire dedans si nécessaire, et avoir Claude Code qui travaille dans le même espace.

Ce logiciel s'appelle Visual Studio Code. C'est une plateforme open source. Tu peux la télécharger ici : https://code.visualstudio.com/

Ne fais pas attention au nom "Code", ce n'est pas juste pour les codeurs. C'est un outil pour voir tes fichiers avec un traitement de texte simplifié pour travailler dessus.

Une fois que tu as ouvert Visual Studio Code (VS Code), clique sur "fichier" (ou "file") dans le menu en haut, puis "ouvrir dossier" ("open folder") et là tu ouvres ton dossier "espace-de-travail".

Tu devrais avoir deux fenêtres à présent, une colonne avec ton dossier vide et une autre avec une fenêtre avec un fichier "welcome". Si tu as une troisième colonne, ferme-la en cliquant sur la croix en haut à droite.

Ensuite regarde la colonne de gauche. Tu as des petites icônes. Pour voir les fichiers de ton dossier, tu peux cliquer sur la première icône qui représente des feuilles. Mais c'est une autre icône qui nous intéresse : elle ressemble à un Rubik's cube. Elle te permet d'installer des extensions.

Tu le vois le rubik’s cube ?

Va dans la barre de recherche d’extensions et cherche : Claude Code. Puis clique sur "install".

Puisque tu es là, installe deux autres extensions qui te permettront de mieux travailler sur tes fichiers dans le format markdown (le format texte que savent très bien lire les IA, beaucoup plus facile que word...).

Copie-colle ce nom : yzhang.markdown-all-in-one. Clique sur "Install". Cette extension te permet de lire et d'écrire dans les fichiers comme avec un traitement de texte.

Puis copie-colle ce nom : CodeSmith.markdown-inline-editor-vscode. Clique sur "Install". Cette extension te permettra de lire les fichiers markdown avec leur mise en page comme si c'était du word.

Ensuite tu vas voir apparaître le logo de Claude (la petite étoile orange) en haut à droite de la fenêtre centrale, clique dessus.

Un nouveau panneau va s'afficher à droite avec Claude dedans.

Connecte-toi avec ton compte (une fenêtre Chrome devrait s'ouvrir pour te connecter à ton compte Claude). Et voilà, tu peux commencer à parler avec Claude Code.

Tu peux lui parler comme tu le fais avec ChatGPT.

Commence par :

Crée un fichier CLAUDE.md qui expliquera ce qu'est ce dossier et à quoi il sert (c'est un espace de travail pour Claude code où je vais petit à petit mettre des projets et des tests pour apprendre à utiliser Claude Code).

Là il va te demander l'autorisation d'écrire dans ton dossier. Tu verras par la suite que tu peux régler ce niveau d'autorisation. C'est une sécurité pour éviter que Claude touche à tes fichiers sans que tu le saches. Clique sur "oui" ou "yes" à chaque fois qu'il te le demande.

Note pédagogique : Pour changer ce niveau d'autorisation, clique sur le petit "ask before edit" qui apparaît en bas à droite de la fenêtre de chat.

Le fichier CLAUDE.md est le premier fichier que va lire Claude quand tu le fais travailler dans ce dossier. Il lui sert de cartographie, c'est la première brique de sa mémoire.

2. Créer tes premiers fichiers

Ensuite copie-colle et adapte ce prompt :

Crée un fichier "qui-je-suis.md" qui te permettra de me connaitre. Voici quelques infos pour démarrer : [Je suis Benoit Raphael, je suis entrepreneur, journaliste et vulgarisateur de l'IA. Je vis à Bali. J'aime bien les mangues mais pas quand elles me tombent dessus]. Puis pointe ce fichier dans le CLAUDE.md comme étant un fichier à lire avant toute action.

Tu pourras compléter plus tard, ça permet à Claude de savoir qui tu es.

Voilà, tu as créé ton premier espace de travail ! Si tu cliques sur l’iconne avec les feuilles (en haut à gauche), tu devrais voir tes fichiers apparaître dans la colonne de gauche. Si tu cliques dessus tu peux les lire et les éditer.

Note pédagogique : clique sur le menu en haut, sur "file" puis coche "auto-save", ça enregistrera tes fichiers automatiquement dès que toi ou Claude les modifiera.

Maintenant, commençons à le remplir. Ça te permettra de comprendre comment ça marche.

Note pédagogique : Avant cela, entre "/" (ou clique sur l'icône / en bas à gauche de la fenêtre de chat). Tu pourras sélectionner le modèle (choisis celui par défaut ou Claude Sonnet si tu veux faire plus d'actions sans griller ta limite d'abonnements), active le bouton "thinking" et règle-le sur "high" maximum.

Copie-colle ce prompt :

Cherche dans la documentation en ligne de Claude et rédige-moi un guide de Claude Code (version VS Code) pour débutant non technique. Mets le fichier dans un dossier "apprentissage-claude-code"

Claude va utiliser un outil appelé “webfetch” pour faire des recherches sur le web et créer ton guide en quelques secondes. Puis un outil “write” pour créer le fichier.

Tu verras qu'il a des millions d'outils à sa disposition pour faire à peu près tout ce que tu veux. Il les connait, donc inutile de lui dire quel outil utiliser.

Voilà, tu as créé ton premier guide ! Tu peux interroger Claude Code dessus et continuer à apprendre.

N'oublie pas de changer de conversation dès que tu changes de sujet ou si tu dépasses 20-30 allers-retours, comme avec ChatGPT. Pour cela, clique sur la petite icône "+" dans une bulle en haut à droite de la colonne Claude.

3. Connecter tes outils

Pour que tu comprennes bien comment ça marche et pour que tu prennes l'habitude d'utiliser Claude Code plutôt que Claude sur le web, on va le connecter à un outil.

Pour cela, il te suffit d'aller sur Claude.ai sur le web.

Tu cliques sur le menu à gauche "personnaliser", puis tu cliques sur "connecteurs". Clique sur le petit + puis "parcourir les connecteurs" et choisis "Gmail". Connecte-toi avec ton compte Google. Et valide.

Retourne dans Visual Studio Code, ouvre une nouvelle conversation avec Claude Code (important, sinon ça ne marchera pas) et demande-lui :

Peux-tu aller voir mes mails et me donner les mails importants des deux derniers jours auxquels je n'ai pas répondu et qui nécessitent une réponse ?

Note pédagogique : pour connecter Claude Code à tes outils, il est préférable de le faire depuis Claude web. Les connecteurs (qu'on appelle aussi "MCP") sont communs à tous tes usages de Claude avec ton compte, quelle que soit la plateforme que tu utilises. Super pratique et sécurisé.

Amuse-toi à connecter Claude à d'autres applications (par exemple connecte-le à ton Notion, demande-lui de te lister les notes qui y sont et de les récupérer dans un dossier pour travailler dessus).

Travailler sur de longs documents

Une chose que tu peux faire avec Claude Code et pas avec les autres chatbots c'est que tu peux bosser sur de très longs documents. Tu peux déposer un document (word, PDF) dans ton dossier de travail (crée un dosser “boite-aux-lettres” pour ça par exemple), et lui demander de le convertir en markdown (pour qu’il puisse le traiter plus facilement ensuite). Pour désigner à fichier sur lequel tu veux travailler, donne juste le nom du fichier, Claude le retrouvera. Puis demande-lui de découper ce fichier en plusieurs fichiers par chapitre, de le reorganiser, de le traduire en anglais...

Note pédagogique : Tu verras, surtout au début, Claude va parfois galérer ou te dire que ce n'est pas possible. Par exemple, convertir un fichier. La meilleure méthode est de lui dire : "Débrouille-toi !" Ou "explore toutes les solutions possibles, installe des outils si nécessaire..." (s'il te dit "ce n'est pas possible", réponds-lui : "Si si, tu peux le faire...". Au fil du temps, tu apprendras à connaître ce nouveau collaborateur et à savoir lui parler !

Créer tes propres outils

Une autre force de Claude Code, c'est de pouvoir lui faire créer des outils. Je les appelle souvent des applications jetables parce que ce sont des outils qui vont me servir une ou deux fois pour faire quelque chose à un moment donné, et que je pourrais ré-utiliser ou non. Tu verras que, petit à petit, c'est un réflexe que tu vas prendre et qui t'évitera d'aller chercher un outil sur Internet, souvent payant et parfois difficile à manier. Ici, Claude Code s'adapte à toi et crée un outil simple facile à utiliser.

1. Un exemple simple

Je voudrais pouvoir télécharger des videos YouTube, peux-tu créer un petit outil pour le faire à partir d'un simple lien YouTube ?

Il va aller chercher un programme qui s'appelle yt-dlp et l'installer sur ta machine, puis te poser des questions sur comment tu veux faire, où il doit mettre les vidéos etc...

Dans mon test, il a même créé un dossier “outils” pour y mettre les futurs outils. Il l'a fait parce qu'il sait, grâce à CLAUDE.md, que mon espace de travail sert à créer des outils ou faire des tests. Donc il organise en conséquence. Il sait aussi que j'apprends Claude Code puisque le dossier contient un guide pour débutant, donc il adapte ses réponses pour bien m'expliquer comment il fait. Les fichiers du dossier lui servent de mémoire persistante.

2. Un exemple plus complexe

Une page HTML réalisée en quelques secondes par Claude Code à partir d’une vidéo de mes formations.

Autre exemple. Pour notre prochain bootcamp, j'avais envie de créer un manuel compagnon à partir de mes vidéos. Je me suis dit : j'aimerais bien que Claude puisse lire mes vidéos de formation, transcrire l'essentiel et me créer une page web avec les captures d'écran clé de la vidéo et une petite synthèse. Sauf que Claude ne sait pas lire les vidéos, vas-tu me dire. C'est ce qu'il m'a répondu. Alors je lui ai dit : "Débrouille-toi !" (ce mot est vraiment magique). Et il m'a trouvé une solution.

“Voici ce que je te propose :

- Transcription → un script qui extrait l’audio et produit un transcript horodaté (avec timestamps, important pour la suite)
- Captures clés → ffmpeg extrait les images aux timestamps que j’aurai identifiés dans le transcript comme moments-clés
- Synthèse + page HTML → je lis le transcript, je rédige une synthèse, et je génère une page HTML qui mélange synthèse, captures et extraits du transcript”

Quelques secondes après je lui envoyais un fichier vidéo de 10 minutes et il avait créé la page HTML. Je lui ai demandé : puis-je la visualiser dans mon navigateur ? Et il m'a ouvert la page dans Chrome pour que je puisse regarder.

Tu peux aussi décider de conserver ce process et en faire ce qu'on appelle une "skill". C'est un dossier avec un ou plusieurs fichiers d'instructions qui diront à Claude Code quoi faire. Comment faire un résumé par exemple, ou comment aller chercher les newsletter dans tes mails et te générer un bulletin de veille. Mais c'est déjà une prochaine étape, et je n'ai pas la place de te l'expliquer ici. Tu peux toujours demander à Claude Code ce que ça veut dire et comment faire, il t'expliquera !

C'est aussi le dernier enseignement que je voudrais te transmettre : Claude Code est un partenaire, pas un logiciel. Donc il faut apprendre à avoir ce réflexe : quand tu ne sais pas, demande-lui. Il te surprendra !

C'est tout pour aujourd'hui !

Comme tu le vois, adopter un agent de code comme Claude Code te vaccine contre le fameux FOMO.

C'est ce que j'appelle de la slow AI. L'anglicisme n'est pas innocent : il rattache cette pratique au mouvement slow (slow food, slow info, low tech). Une IA qu'on apprivoise plutôt qu'on consomme. Tu lui crées son atelier de travail, et tu fais tout ce que tu dois faire à partir de là. Et vous grandissez ensemble.

Un nouvel outil dont tout le monde parle ? Demande-toi d'abord si ça te serait vraiment utile. Et si oui, demande-lui de te le fabriquer !

Construire une IA personnelle

Cette lettre ne te montre que 1% de ce que tu pourras faire avec un agent comme Claude Code. Tout le reste, c'est de l'architecture de dossiers, pour lui construire une mémoire qu'il sera capable de mobiliser, lui donner accès à tes notes, construire les méthodologies qui lui permettront de travailler à ton niveau, et les outils dont tu auras besoin au fil de ton travail. Pas besoin de mode d'emploi spécial Claude Code, tu découvriras ses secrets au fil de l’eau. Tu as surtout besoin d'une bonne méthodologie pour structurer ce fameux harnais, c'est-à-dire les dossiers et les fichiers dont il aura besoin pour travailler à tes côtés. Et d'apprendre à bien lui parler.

Une dernière chose : je t'ai parlé plus haut du livre Construire un feu, de Jack London. Je te dois la fin de l'histoire. Dans la nouvelle, le voyageur meurt. Il meurt parce qu'il s'est fié à sa seule technique, parce qu'il n'a pas écouté l'ancien qui l'avait prévenu de ne pas partir seul par grand froid, parce qu'il a oublié son corps, ses pieds gelés, la respiration de son chien à côté de lui. Il avait tout pour réussir et c'est l'excès de confiance qui le tue.

Avec l'IA, le risque, c'est se déconnecter du corps, du dehors, des gens autour de nous. Faire confiance à un système qu'on ne maîtrise pas tout en croyant le maîtriser. La lenteur, l'alternance entre écrire à la main et taper au clavier, entre lire sur papier et lire sur écran, entre travailler avec l'IA et travailler sans, ce ne sont pas des coquetteries. Ce sont les feux qu'on continue à savoir construire en écoutant autour de nous, et en nous.

Je n'ai pas écrit cette lettre pour te faire la pub de notre prochain bootcamp, "IA personnelle", dont l'objet est de t'aider à construire tout cela comme nous l'avons fait pas à pas avec Thomas, depuis 14 mois. J'avais envie que tu comprennes qu'il y a une voie pour avancer à ton rythme avec l'IA, pour ne pas user ton cerveau et courir après la dernière nouveauté. Et pour te constituer ce que j'appelle un capital d'intelligence : tes notes, tes méthodes, tes outils. Que tu pourras utiliser avec Claude Code, ou avec n'importe quel agent de code demain (comme Codex ou OpenCode) si tu décides de changer de cheval ! Tu peux le faire tout seul avec ton agent, ou avec nous.

Et si tu veux découvrir le programme “IA personnelle”, tu peux aller ici, le budget est à -50% pour le lancement.

Les empires de l'IA ne se livrent pas à la même violence ni à la même brutalité ouvertes qui ont marqué cette histoire [celle des empires coloniaux]. Mais eux aussi s'emparent de ressources précieuses et les extraient pour nourrir leur vision de l'intelligence artificielle : le travail des artistes et des écrivains ; les données d'innombrables individus qui publient en ligne leurs expériences et leurs observations ; la terre, l'énergie et l'eau nécessaires pour abriter et faire tourner d'immenses centres de données et superordinateurs. De même, ces nouveaux empires exploitent le travail de populations du monde entier pour nettoyer, trier et préparer ces données avant de les filer en technologies d'IA lucratives. Ils projettent des images séduisantes de modernité et adoptent une posture agressive sur la nécessité de vaincre les autres empires, pour masquer et alimenter les atteintes à la vie privée, le vol, et l'automatisation cataclysmique de larges pans des débouchés économiques porteurs de sens. [...] La mission d'OpenAI, garantir que l'IA générale bénéficie à toute l'humanité, a peut-être commencé comme un élan d'idéalisme sincère, mais elle est devenue depuis une formule singulièrement puissante pour concentrer les ressources et bâtir une structure de pouvoir de type impérial.

Karen Hao - L’empire de l’IA

Le procès Elon Musk contre OpenAI s'est achevé le lundi 18 mai 2026 sur un non jugement. Les demandes de Musk étaient prescrites, il a attaqué trop tard. OpenAI gagne donc, mais c’est une victoire sur la forme, pas sur le fond. La question que posait le procès, OpenAI a-t-elle trahi sa mission à but non lucratif, n'a pas été tranchée par le juge.

Le livre de la journaliste Karen Hao, “Empire of AI” (L’empire de l’IA en français), t’aidera à prendre la hauteur que le procès n'a pas donnée.

Et la méthode que je t’ai présentée dans cette lettre est un premier pas (encore très imparfait je sais) pour commencer à s’extraire de ces écosystèmes fermés et reprendre le contrôle.

Dis-moi ce que tu as pensé de cette lettre !

Vous m’avez posé plein de questions très intéressantes la dernière fois. Je prépare une édition spéciale avec des réponses à vos commentaires. Tu peux toujours partager tes réflexions en votant ci-dessous :

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Je te souhaite une bonne semaine !

🐴 Benoit, Thomas et Jeff